[Αναδημοσίευση από το Hebdo L’Anticapitaliste – 818 (15/10/2026)]
par Andreas Sartzekis
Rubio en Grèce : une visite à 4 milliards de dollars
Contrats d’armement et commerce du gaz : la visite de Marco Rubio à Athènes renforce le rôle de la Grèce au service de l’impérialisme américain.
Alors que, cet été, une famille grecque sur deux n’a pas eu les moyens de partir en vacances même une semaine, le gouvernement de l’ultralibéral Mitsotakis vient de signer pour plus de 4 milliards de dollars d’armement américain lors du passage à Athènes du ministre des Affaires étrangères Marco Rubio.
Encore des contrats d’armement !
La visite de Rubio est la sixième d’un « dialogue stratégique » inauguré sous… Syriza, et l’un des points principaux est bien sûr celui des achats d’armes, effectués dans un double cadre : la course nationaliste aux armements face à « l’ennemi turc », mais plus largement, le rôle grec de gendarme régional de l’impérialisme américain, avec deux bases navales facilitant les opérations US au Proche-Orient. Bien sûr, une grosse opération commerciale, avec la rénovation d’avions F-16 et l’armement des prochains F-35.
Mais la visite visait aussi à un rappel : ces dernières années, Mitsotakis a développé son sous-impérialisme en diversifiant les achats d’armes. On se souvient des deux contrats de 7 milliards d’euros avec la France (Rafale et frégates). Cet été, Mitsotakis, grand défenseur de Netanyahu, a signé avec Israël un contrat de 3 milliards pour l’installation d’un « bouclier d’Achille », équivalent du Dôme de fer, contre toute attaque aérienne venue du Proche-Orient.
Rubio a alors tenu à rappeler qu’il ne faut pas faire d’infidélités au grand allié américain — l’ambassadrice en Grèce aurait affirmé (Wall Street Journal) ce printemps à un ministre grec que les USA pouvaient faire tomber tout gouvernement ! En guise de soumission, le ministre grec des Affaires Etrangères a mentionné le rôle militaire grec dominant dans des opérations complices en mer Rouge ou dans l’océan Indien, et salué l’axe Grèce-Chypre-Israël sous supervision américaine…
Stratégie gazière
Un autre volet du Dialogue : le commerce, avec le rôle central de la Grèce comme placier du gaz américain GNL à destination de l’Europe centrale et orientale — le « corridor énergétique » — en remplacement du gaz russe. Élément clé du dispositif : la flotte grecque, avec ses armateurs prêts à se vendre à tous les dictateurs, Poutine ou Trump. Dispositif gagnant-gagnant pour les patronats pollueurs des deux pays.
Par ailleurs, Rubio a refusé de donner un avis clair sur l’opération du câble électrique sous-marin que la Grèce veut installer jusqu’à Chypre et Israël, la Turquie le refusant en prétendant que le câble passerait par son plateau continental. Néanmoins, Mitsotakis a offert à Rubio, porte-parole de l’extrême droite internationale, le privilège d’un discours sur la Pnyx, là où l’antique démocratie athénienne tenait ses assemblées : Rubio y a développé ses délires impérialistes et racistes, en se basant sur… les guerres médiques !
Annoncée bien tard et placée sous grosse protection, la visite n’a pas pu être reçue avec tout l’éclat mérité : néanmoins, environ 5 000 manifestantEs (en deux cortèges…) ont pu proclamer Rubio « indésirable ».
A. Sartzekis, Athènes, le 11 octobre 2026
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