Un dirigeant nazi grec en fuite: Que fait la police ?

[ Αναδημοσίευση από το: site του γαλλικού NPA (27/10/2020) ]

L’un des dirigeants nazis grec en fuite ! Mais que fait la police ?

par A. Sartzekis

On a signalé la semaine passée que l’un des 7 dirigeants de Chryssi Avgi (Aube Dorée), le chef des bandes de nervis sur la région du Pirée devenu député européen, tentait d’échapper à la prison en usant de son immunité parlementaire … et en faisant de Bruxelles des déclarations comme celle-ci : « En Grèce, il y a une tyrannie et si nous ne relevons pas la tête, si, malheureusement, le sang ne coule pas, nous ne retrouverons pas notre liberté », sans qu’on sache d’ailleurs s’il évoque ici simplement une entreprise armée pour délivrer ses complices… Mais depuis, on a appris qu’en dehors de Yannis Lagos, un autre dirigeant, Christos Pappas, fanatique de tout le décorum hitlérien, est en fuite.

Une telle faute de la police – dont un responsable syndical affirmait la semaine passée qu’il n’y avait pas un risque sur un million que les dirigeants nazis s’échappent car surveillés de très près – non seulement a provoqué une indignation populaire, mais elle conduit aussi à poser une question très simple : y a-t-il incompétence ou complicité ? La question est d’autant plus fondée que le même Pappas avait déjà fui au moment de l’arrestation des chefs nazis, après l’assassinat de Pavlos Fyssas en septembre 2013, le journaliste Dimitris Psarras indiquant que c’était à coup sûr sur consigne du chef Michaloliakos, pour faire disparaître des documents trop compromettants (ce que Pappas n’a pas réussi complètement, on avait retrouvé de tels documents accablants dans sa maison de Ioannina). Là encore, on ne sait pas trop si cette fuite est une consigne de la direction, ni si Pappas est en Grèce, certains lui bâtissant une légende de « héros » en racontant qu’il s’est enfui dans la Russie de Poutine déguisé en moine orthodoxe, d’autres qu’il a rejoint la Floride. Autant de récits pour tenter d’éviter la question qui fâche, rappelée par le mouvement antifasciste, la gauche et formulée en particulier par l’un des avocats des victimes, Thanassis Kambayannis, disant que le ministre de la police « a pour devoir dans les prochaines heures – pas les prochains jours ou prochains mois – de conduire Christos Pappas devant le juge d’application des peines. S’il ne le fait pas, c’est qu’il est soit totalement incompétent, soit impliqué, et dans tous les cas il doit démissionner ».

Chryssochoïdis, ministre de la fuite des fascistes

Or, le ministre de la Protection du Citoyen (appellation officielle du ministre de la police), n’est pas novice en matière de « protection de citoyen fasciste ». Ministre du Pasok en 1998, il avait alors laissé filer un autre criminel de Chryssi Avgi, le dénommé Periandros, qui avait avec ses complices attaqué des étudiants et laissé pour mort le camarade Dimitris Koussouris, de la direction nationale du syndicat étudiant. Le nazi avait pu ainsi échapper à la justice pendant 7 ans, et ne s’est livré que quand il lui a été assuré qu’il subirait une peine bien moindre que celle qui lui avait été infligée. Mais évidemment, le même ministre Chryssochoïdis est aussi célèbre pour laisser libre cours aux violences policières, que ce soit dans des gouvernements Pasok, sous les gouvernements droite-extrême-droite-Pasok dans les années 2010 et aujourd’hui comme membre de la Nouvelle Démocratie – on pense évidemment à un Castaner grec, mais même en bien pire ! On ne compte plus les victimes de violences de policiers dont on doit sans cesse rappeler les liens de beaucoup avec Chryssi Avgi, et en particulier, justice doit être rendue à Vassilis Mangos : ce jeune activiste de Volos, participant aux mobilisations contre les pollutions toxiques encouragées par le maire de droite extrême, est mort en juillet, suite à un tabassage policier subi un mois plus tôt.

Et aujourd’hui, Chryssochoïdis envoie les flics terroriser les mobilisations collégiennes et lycéennes : les élèves se mobilisent depuis des semaines pour obtenir création de postes de profs, de personnel de ménage, pour l’ouverture de salles de classes. À leurs manifs et aux occupations d’établissements, le pouvoir répond par une répression violente, avec y compris des parents d’élèves de droite et extrême droite tentant de casser violemment les occupations. Et Chryssochoïdis a réussi un exploit digne du personnage : des collégiens ont été mis en garde à vue pendant quatre jours, sans aucune autre raison que leur participation à une manif (histoire de les intimider, dirait un ministre français…). Suite à une large mobilisation devant la préfecture de police (OLME, le syndicat du secondaire dirigé par un courant lié à la droite gouvernementale, dénonce une entreprise de terreur et de diffamation contre le mouvement lycéen), les jeunes ont été relâchés.

Démission de Chryssochoïdis, mobilisation contre les fascistes!

L’oeuvre accomplie ces derniers jours par Chryssochoïdis justifie pleinement la demande de l’avocat Kambayannis : démission immédiate ! Même si elle ne changerait pas radicalement le cours des choses, une telle démission ne pourrait être ressentie que comme un encouragement aux mobilisations, dans un contexte où évidemment la présence du Coronavirus a été et sera un prétexte à brider plein de droits. Une telle revendication, pleinement justifiée, pourrait être un facteur d’unité de la gauche, des travailleur-e-s, des jeunes, des immigré-e-s, en permettant bien sûr de remettre en cause l’ensemble de la politique de la droite revancharde, que ce soit, entre autres, ses liens avec les fascistes et la répression des luttes, ou le moyen âge que la ministre de l’Éducation tente d’imposer de l’école à l’université. Concernant les fascistes, le danger reste évidemment permanent, que ce soit avec les nervis de Michaloliakos molestant les journalistes qui couvraient la reddition de leur leader, ou leurs complices antisémites à Thessalonique qui viennent une nouvelle fois de profaner le monument de l’holocauste. On le voit : le combat antifasciste et antiraciste est une œuvre de longue haleine que doivent intensifier le mouvement ouvrier et les jeunes.

A. Sartzekis

Athènes, le 26 octobre 2020

[ Αναδημοσίευση από το: site του γαλλικού NPA (27/10/2020) ]


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