Le virus des cadeaux au patronat grec

[Αναδημοσίευση από το site του γαλλικού NPA]

Le virus des cadeaux au patronat grec

A. Sartzekis

En apparence, la situation en Grèce est loin de la tragédie du voisin italien : ce dimanche, le nombre de victimes est de 70, les personnes contaminées autour de 1700, selon les chiffres officiels.

Soyons sûrs que cette situation est due avant tout à la conscience de masse que dans la situation terrible du système de santé laminé par la troïka et les mémorandums, il est vital de se protéger… tout en exigeant l’attribution immédiate des moyens nécessaires.

En finir avec les cadeaux au médical privé

Derrière le bulletin d’info sanitaire officiel visant à faire croire que la situation est sous contrôle, la réalité est très inquiétante et, si l’épidémie devait s’étendre, la catastrophe serait difficilement évitée. Cette semaine, la présidente de la Fédération des médecins hospitaliers a souligné l’horreur de la situation du système de santé public (ESY) : manque de lits en soins intensifs, manque de masques, de gants, de lunettes, absence des recrutements nécessaires, dangereux transferts vers les hôpitaux de médecins de centres locaux de santé qui se retrouvent désorganisés et perdent leur rôle de rempart… Dénonçant le filtre de la communication gouvernementale, elle met en avant le scandale des cadeaux aux cliniques privées : au lieu de les réquisitionner, Mitsotakis les enrichit en leur offrant 1600 euros par jour pour un lit en soins intensifs ! Ce gaspillage dément de l’argent public se retrouve aussi dans la promesse d’offrir à ce secteur 30 millions d’euros pour les tests, privant ainsi de ce financement les labos universitaires alors que ceux-ci procèdent déjà à de premières campagnes. Un chiffre résume cette situation scandaleuse : dans le plan d’urgence de 6,8 milliards, qui vient d’être adopté, seuls 3 % vont à la santé.

Le virus des bonnes affaires patronales

Car l’épidémie est une merveilleuse occasion pour les amis de ce gouvernement ultralibéral de poursuivre leur lutte contre les travailleurEs : un décret permet aux patrons de suspendre les contrats de travail et de licencier sans contrainte, l’État versant alors aux licenciéEs 800 euros… pour un mois et demi. La frénésie patronale (60 000 nouvelles demandes de versement d’indemnités en une journée !) a obligé cette semaine le gouvernement à mettre une ou deux conditions, mais la situation de l’emploi est d’autant plus tragique que cette indemnité fort insuffisante ne s’appliquera ni aux CDD ni aux chômeurEs en fin de droits, c’est à dire à un million de personnes environ. La brutalité patronale est sans limite : dans les écoles privées, des patrons, qui perçoivent toujours les droits de scolarité, licencient leurs enseignantEs… et exigent qu’ils et elles continuent à donner des cours s’ils et elles veulent être repris ensuite ! Pourquoi se gêner quand on voit la moralité d’un ministre d’extrême-droite, Georgiadis, qui ose vendre des « cours à distance » de sa propre « école » dans son émission de télévente sur une chaîne privée ! Là est pour l’heure le virus le plus insupportable, et quand on sait que le même personnage soutient les pires réacs de l’église, qui veulent continuer à faire communier (hostie donnée avec la même cuiller dans la bouche des fidèles !), on voit le lien profond entre libéralisme et réaction. Mentionnons aussi la tentative gouvernementale de couper le courant à l’usine VIOME, autogérée depuis des années…

Des tentatives de riposte

Face à cela, la gauche parlementaire est plutôt aux abonnés absents : au nom de l’unité nationale, Syriza s’est abstenu sur les propositions du gouvernement, le KKE (PC) a voté contre, mais leurs demandes de prioriser le public sont plus des vœux pieux. Peu ou pas d’initiatives politiques centrales, mais plutôt des initiatives syndicales et locales : appel de syndicalistes à ne pas se soumettre à la jungle patronale, mobilisations de secteurs, comme dans l’aéronautique (400 licenciements empêchés à Sky Serv-Swiisport, apprend-on dans le journal Prin). La gauche anticapitaliste participe aussi à des initiatives de solidarité locales : face à l’épidémie du virus et des attaques patronales, ne surtout pas rester seulEs !

Deux autres urgences

Bien sûr, on ne peut qu’être inquiets devant les risques pour les réfugiéEs, véritablement entassés dans les camps sur les îles ou sur le continent. Déjà quelques cas d’infection ont été signalés, ce qui fait craindre de terribles contaminations. Face à toutes les protestations, dont celles, particulièrement hypocrites, de l’Union européenne, la droite de Mitsotakis reste sur ses positions, daignant seulement faciliter l’accès aux soins. Même ou surtout dans ces conditions difficiles, une campagne internationale exigeant l’ouverture des frontières européennes et un accueil digne est urgente !

L’autre urgence, c’est bien sûr de s’opposer à la nouvelle menace de éemorandums que ne va pas manquer d’imposer l’UE, autour du noyau dur germano-hollandais. Face à cela, la solution est moins que jamais le repli national mais au contraire, la nécessaire solidarité des jeunes et des travailleurEs en Europe, pour les droits sociaux pour touTEs , pour les services publics, contre le virus du profit !

A. Sartzekis

Mercredi 8 avril 2020

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